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Au temps qu'Amour, d'hommes et Dieux vainqueur,
Faisait brûler de sa flamme mon cœur,
En embrasant de sa cruelle rage
Mon sang, mes os, mon esprit et courage,
Encore lors je n'avais la puissance
De lamenter ma peine et ma souffrance ;
Encor Phébus, ami des lauriers verts,
N'avait permis que je fisse des vers.
Mais maintenant que sa fureur divine
Remplit d'ardeur ma hardie poitrine,
Chanter me fait, non les bruyants tonnerres
De Jupiter, ou les cruelles guerres
Dont trouble Mars, quand il veut, l'Univers ;
Il m'a donné la lyre, qui les vers
Et à ce coup pleurera de la mienne.
Ô doux archet, adoucis-moi la voix,
Qui pourrait fendre et aigrir quelquefois,
En récitant tant d'ennuis et douleurs,
Tant de dépits, fortunes et malheurs.
Trempe l'ardeur dont jadis mon cœur tendre
Fut, en brûlant, demi réduit en cendreA suivre...

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Arrête ! mon amour
j’ai ce tonneau dans la gorge
mains en croix sur la bouche
œil embué
fébrile
ta langue me blesse
comme elle m’a caressée
acérée
Arrête !
puissance indomptée
au rebord du torrent
je coule
barrage au souffle piégé
je ravale
j’arrête
je vais tout dévaster
ne pas pleurer
tu me plonges en enfer
juste avant l’éternité
tes mots me cisaillent
mon amour
Arrête de parler
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Le doux va et vient
Du souffle de vie qui habille
Ta frèle gorge volubile
Et fuis, s'insinuant par les dents
Tes lèvres tremblent en feuilles,
Prêtent à tomber sur ta gorge,
Flux et reflux de ta forge
Brûlante que les vents recueillent.
L'infini est dans le fragile
souffle d'un être endormi...
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J'étais étendu et j'avais dans mes bras
un corps comme de la soie.
Je lui baisai les lèvres, car le fleuve passait au-dessous.
Alors il se moqua de mon amour.
Ses épaules semblaient deux ailes repliées.Je lui baisai les épaules, car l'eau bruissait au-dessous de nous.
Alors il pleura en sentant la brûlure de mes lèvres.
C'était un corps si merveilleux qu'il s'évanouit entre mes bras.Je baisai sa trace: mes larmes l'effacèrent.
Comme l'eau continuait à couler,
j'y laissai tomber un poignard, une aile et une ombre.

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